Pièce visuelle pour tout public à partir de 7 ans
Écrit et mis en scène par Jérémy Montheau

Un guerrier quitte le champ de bataille pour accomplir un voyage fantastique et initiatique. Aidé par la présence d’un ange et d’un oiseau, il se confronte à l’existence de l’amour et de la mort.

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J'aime le théâtre car il est un lieu dans lequel on est invité à ressentir la présence. La présence humaine des acteurs. La présence des objets. La présence du son. La présence de la lumière. J'aime quand cette présence, si nettement sensible dans le silence et l'obscurité du lieu, libère et stimule notre imagination, nous permettant, grâce à du visible, d'être en contact avec de l'invisible. En écrivant et en créant L'oiseau lumière, j'aimerais mettre en œuvre un théâtre sensoriel et suggestif. Mon souhait est que le spectateur fasse une expérience de la présence des choses, et qu'il puisse, au travers des images offertes par ces choses présentes, faire un voyage intime, intérieur. Je cherche à créer une forme théâtrale qui puisse toucher tout spectateur, outrepassant la barrière des langues et des cultures.

Jérémy Montheau.

••• Début du spectacle ••• 

Un son sourd et puissant, comme la terre qui tremble sous une mêlée.

Des guerriers en armures intégrales se livrent combat dans un champ de fleurs rouges. Ils courent, se ruent les uns contres les autres. Les chocs sont violents.

Un des guerriers, est debout, presque immobile et tient une fleur dans sa main. Il reste là, au milieu du combat, comme interdit.

Un guerrier charge violemment le guerrier à la fleur. Celui-ci s'effondre, se relève, et les deux guerriers s'affrontent. Charge après charge, l'ensemble des guerriers saccagent le champ de fleurs. Un oiseau splendide fait son apparition. Tous les guerriers suspendent leur combat et regardent l'oiseau voler majestueusement au-dessus d'eux. Bientôt, le combat reprend. Le guerrier qui auparavant tenait le fleur n'a pas lâché l'oiseau du regard, fasciné, et ne semble plus se soucier du combat. Il se fait charger. Le choc est violent. Il tombe à terre, inconscient.

Le combat s'est déplacé sur une autre partie de la plaine. L'oiseau est parti. Le guerrier est toujours à terre, mort ou inconscient, au milieu des fleurs saccagées.

Un être apparaît. Il ressemble à un humain, mais pourrait être un ange. Il fredonne un chant léger et se meut avec une lenteur extrême. Il découvre le corps gisant du guerrier...


L’oiseau lumière est un voyage, une traversée de paysages, d’atmosphères. En quête d’une scénographie en mouvement, profondément vivante, nous avons travaillé avec des matériaux légers, malléables, afin de pouvoir inventer des enchaînements de tableaux fluides et offrir un véritable support de jeu pour les acteurs, les lumières et la musique avec lesquelles elle interagit.

Son élaboration s’est déroulée sur 3 phases :
1. immersion dans l’écriture du texte, et réalisation de dessins libres à partir du texte, afin d'engager le dialogue avec l’auteur.
2. mise en place de « cristallisoirs », recueil d’images intuitif par les thématiques concernées.
3. expérimentation au plateau. Réinvention de chacun des éléments nourrie par ces recherches préliminaires. 

L’axe fort de cette création visuelle a été d’expérimenter un traitement du texte qui ne soit pas naturaliste ; nous avons cherché à révéler et donc à traduire les sensations, voire les émotions qui étaient véhiculées.
Par exemple, sous l’entité de l’oiseau, réside en fait dans cette histoire, une notion proche de celle de « liberté ».

A travers nos résidences, l’oiseau a d’abord été une feuille de papier volant dans l’air, puis est devenu un large mobile de pétales blancs, évoluant lentement sous la brise de l’air. L’aspect hypnotisant du vol de l’oiseau dans notre histoire a pu commencer ainsi à se révéler.
Une autre entité clé de l’histoire est le chevalier. Et donc son armure. Plus que de marquer ou d’illustrer une époque, c’est la sensation d’un corps emprisonné, contraint, déshumanisé par son costume sociétal qui intéressait Jérémy. Ainsi, le costume-cravate par exemple aurait pu traduire tout aussi bien cette sensation d’armure. Pour ouvrir encore, et ne pas cerner ce personnage et socialement, et temporellement, nous avons testé dans un premier temps une armure cartonnée, puis pour donner davantage d’impact masculin, de force, nous avons cherché un homme minéral, rocher. 

Ces expériences nous permettent d’intégrer des matériaux bruts, et d’aller vers un esthétisme épuré où l’imaginaire du spectateur peut prendre place.

Adèle Ogier

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Deux résidences de création ont été effectuées, la première à l’atelier de Luc Simon à Lucy sur Yonne (89) en avril 2014, et la seconde au Château de Monthelon à Montreal (89) en août 2014.